La résignation

Dans cette courte vidéo, François Lewin distingue la résignation du simple changement de stratégie — et montre comment cette perte de force, aussi douloureuse soit-elle, peut ouvrir un espace inattendu.

Transcription

La résignation est quelque chose qu’on vit souvent comme une défaite. Et c’est vrai que tout notre effort, tout à coup, ça ne marche pas — on se résigne.

Mais ce moment, comme n’importe quoi dans la vie, peut être un cadeau incroyable. Ça peut être une chute où je n’ai plus d’énergie pour vivre, ou au contraire un espace de vide qui permet de ressentir une plénitude sereine.

Une amie me racontait que, pendant un an et quelque, elle essayait de sauver une personne qui allait mal. Et tout à coup, elle s’est dit : « je n’y arriverai pas ». Et là, elle s’est trouvée pendant trois jours dans une béatitude, à se demander : « qu’est-ce qui m’arrive ? »

Alors, encore une fois, on peut dire que la vie tourne en cercle. Il y a l’effort, la tentative d’atteindre un objectif, la réussite — et puis d’autres fois, la tentative échoue : la résignation.

C’est différent du changement. J’essaie ça, ça ne marche pas, j’essaie autre chose. La résignation est quelque chose de beaucoup plus fort : une hypotonie, une perte de force.

Mais cette perte de force, c’est mon moi qui la ressent — alors que mon être, lui, peut en profiter pour s’ouvrir à l’inconnu.

Chaque résignation qui vous saisit, voyez : certainement vous avez besoin de nourrir votre vital. Mais aussi d’accepter la mort du projet, qui permet la treizième heure — celle qui permet de changer de niveau.

Le 13 est le nombre de la mort, voyez : un cycle de 12, et à 13 on change de niveau.

La résignation est à la fois douloureuse, signe d’une perte de vitalité, et en même temps un espace qui s’ouvre, permettant un accueil inattendu.

François Lewin

Les points clés

  • La résignation n’est pas le changement — essayer autre chose reste actif ; la résignation est une perte de force plus profonde, une hypotonie.
  • Une perte que le moi ressent, mais que l’être peut habiter — cette même chute peut devenir une ouverture à l’inconnu plutôt qu’un simple effondrement.
  • Accepter la mort du projet — lâcher un objectif qui ne se réalisera pas permet d’accéder à un autre niveau, symbolisé par le passage du cycle de 12 à 13.
  • Douleur et ouverture coexistent — la résignation est à la fois une perte de vitalité réelle et un espace d’accueil inattendu.

Pour aller plus loin

Cette idée qu’un arrêt ou une perte peut signaler un changement de cap prolonge une réflexion déjà engagée sur le site : La maladie, signal de changement.