Liberté ou libération
Dans cette courte vidéo, François Lewin pose un paradoxe : plus on devient conscient, moins on a de liberté au sens où on l’entend d’ordinaire — et pourtant, quelque chose s’ouvre qui ressemble davantage à une libération.
Transcription
Liberté ou libération ?
Il m’arrive de dire que plus je suis conscient, moins j’ai de liberté. Quoi ? Oui.
Prenons un parent conscient : il ne peut pas faire n’importe quoi. Il doit rentrer pour coucher ses enfants, les nourrir. Si l’enfant est malade, il ne va pas aller danser.
Un parent inconscient, lui, fera ce qu’il veut, ce que son caprice le pousse à faire. Donc plus le parent est conscient, plus il va être contenu dans son action.
Est-ce qu’il va être insatisfait ? Non — il va être heureux de satisfaire son enfant.
Alors, si je n’ai pas d’enfant, la question reste la même. Au fond de moi, il y a un principe, comme dans une graine : le principe de l’arbre est déjà tout entier là, il ne demande que l’eau, la terre et le soleil pour se révéler et devenir cette majesté au soleil.
Au fond de moi, l’âme cherche à éclore. Plus je suis conscient qu’elle est là, moins j’ai de liberté — et plus je peux me mettre à son service pour qu’elle éclose.
Et là, la satisfaction n’est pas de courir à droite à gauche. Je suis librement ce que je suis, que je bouge ou que je sois immobile, actif ou inactif.
Une immense liberté et joie d’être m’habite.
François Lewin
Les points clés
- Conscience et liberté d’action ne vont pas toujours ensemble — un parent conscient de ses responsabilités est plus contenu dans ses actes qu’un parent qui suit ses caprices.
- Cette contention n’est pas un manque — elle s’accompagne d’une satisfaction plus profonde, celle de répondre à ce qui compte vraiment.
- Un principe déjà présent, comme une graine — ce qui cherche à s’exprimer en nous est déjà entier ; il ne demande qu’à être révélé, non inventé.
- Se mettre au service de ce qui veut éclore — moins de liberté au sens habituel, mais une présence plus juste à soi-même, immobile ou actif.
Pour aller plus loin
Cette manière d’habiter pleinement ce qu’on est, plutôt que de courir après une satisfaction extérieure, prolonge une réflexion déjà engagée sur le site : L’éloge du vivant.