Les caractères
Dans cette vidéo, François Lewin présente une notion centrale de la psychologie biodynamique : les caractères. Face aux blessures de l’enfance, nous avons construit des défenses qui se sont inscrites dans notre corps et notre esprit. Le travail thérapeutique ne cherche pas à les détruire, mais à les assouplir pour libérer la vitalité qu’elles protègent.
Les caractères expliqués par François Lewin
En psychologie biodynamique, nous travaillons beaucoup avec les cuirasses caractérielles. C’est-à-dire que nous considérons qu’il y a des moments de notre vie, dans la petite enfance ou même avant la naissance, où nous avons été confrontés à des difficultés, à des traumatismes, à des manques, à des frustrations, et que nous avons réagi en adoptant des attitudes défensives.
Ces attitudes de défense sont devenues des traits de notre caractère, mais aussi des structures dans notre corps : des tensions musculaires chroniques, des manières de respirer, des postures particulières, des blocages énergétiques.
L’objectif de notre travail n’est pas de détruire ces défenses, parce qu’elles ont été utiles à un moment donné pour survivre, pour nous protéger, mais d’assouplir la cuirasse, de redonner de la fluidité, pour que la personne puisse retrouver sa capacité d’autorégulation. C’est-à-dire pouvoir choisir librement la manière dont elle veut répondre aux situations de la vie, au lieu d’être prisonnière de réactions automatiques dictées par son passé.
Chaque structure de caractère porte en elle à la fois une blessure d’origine, un ensemble de mécanismes de défense corporels et psychologiques, mais aussi un potentiel précieux, une qualité essentielle qui demande à être libérée. Le travail thérapeutique permet de transformer ces défenses figées en véritables forces de vie, en rétablissant le contact avec notre noyau sain et notre vitalité originelle.
Qu’est-ce qu’un caractère ? Quand nous naissons, nous sommes des êtres libres, ouverts, joyeux, pleins de vie et d’énergie. Mais très vite, nous allons rencontrer le monde, avec ses joies et ses peines, ses plaisirs et ses frustrations, ses douceurs et ses douleurs, ses sécurités et ses insécurités.
Nous allons très vite nous apercevoir que le monde n’est pas un tapis rouge déroulé devant nous pour satisfaire tous nos besoins. Nous allons rencontrer ce que nous appelons en psychologie biodynamique des « blessures d’enfance » : des moments où notre élan de vie a été réprimé, blessé, humilié, trahi, rejeté, abandonné.
À chaque fois qu’un de ces moments est arrivé dans notre enfance, nous nous sommes dit : « Plus jamais je ne revivrai cela. » Et pour ne plus revivre cela, nous avons développé une carapace, une défense.
Cette défense s’est inscrite dans notre corps et dans notre esprit. Elle a façonné notre façon de voir le monde, notre façon de réagir au monde, notre façon de nous tenir dans notre corps, notre façon de respirer, notre façon de bouger. C’est cela que nous appelons un caractère.
Le caractère est donc une structure de défense qui s’est mise en place pour nous protéger contre la douleur et contre la souffrance. Elle est notre meilleure réponse possible à une situation donnée, à un moment donné de notre enfance. Elle a été utile, nécessaire, voire vitale.
François Lewin
Les points clés
- Le caractère naît des blessures d’enfance — face au rejet, à l’abandon, à l’humiliation ou à la frustration, l’enfant se dit « plus jamais ça » et construit une défense.
- Une défense inscrite dans le corps — la cuirasse caractérielle se manifeste par des tensions musculaires chroniques, une manière de respirer, une posture, des blocages énergétiques.
- Une protection qui a été vitale — le caractère est la meilleure réponse possible à un moment donné. Le but n’est pas de détruire ces défenses, mais d’assouplir la cuirasse.
- Retrouver l’autorégulation — chaque caractère cache une qualité essentielle. Le travail thérapeutique transforme les défenses figées en forces de vie et redonne la liberté de choisir sa réponse.
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