Le temps qui dévore
Dans cette courte vidéo, François Lewin s’intéresse à ce temps qui semble toujours manquer — celui qu’on court après sans jamais le rattraper. En s’appuyant sur les deux temps de la mythologie grecque, il propose une manière concrète de sortir de cette course.
Transcription
Aujourd’hui je vais vous parler du temps.
On court tous. On dit « je n’ai pas le temps », on se couche le soir en pensant qu’on n’a pas encore fini, et on se réveille fatigué.
Chez les Grecs, il y a deux temps : il y a Kronos, qui mange ses enfants, et Kairos, le temps de la coïncidence — le temps magique qui fait que, quand vous pensez à quelque chose, ça surgit en face de vous.
J’aimerais vous donner quelques pistes pour sortir de ça, pour arrêter d’être mangé par le chronomètre.
Tout d’abord, le temps est engendré par l’espace. Dès qu’on est en tension, en stress, sentez comme tout se resserre : on ne voit plus rien d’autre que l’objectif qu’on doit atteindre.
Si on se relâche, si on reprend l’espace, le temps se ralentit. Mais plus que ça : nos pensées se posent, l’efficacité est plus grande. Essayez, vous verrez — ça a un effet sur l’univers, ça a un effet sur votre concret.
Si vous avez peur de rater le train, et que vous relâchez, que vous reprenez l’espace — quand je le fais, en général, le train est là qui m’attend. C’est irrationnel, mais ça fonctionne : on entre dans un Kairos où l’inattendu peut surgir.
Chaque fois que vous manquez de temps, ne courez pas après lui : il vous mangera.
Reprenez l’espace, respirez dans le ventre, sentez votre aura s’épanouir. Cela n’ira ni plus vite ni plus lentement — mais ce sera bien plus agréable et efficace.
Le temps est engendré par l’espace, l’espace est la mère du temps.
Essayez, vous verrez.
François Lewin
Les points clés
- Deux temps, deux logiques — Kronos, qui dévore, incarne la course contre la montre ; Kairos, le temps de la coïncidence, s’ouvre quand on cesse de courir.
- Le temps est engendré par l’espace — plus on se resserre sous la tension, plus le temps semble manquer ; reprendre de l’espace intérieur ralentit la sensation du temps.
- Relâcher change le concret — pour François Lewin, ce relâchement n’est pas qu’un ressenti : il a un effet observable sur les situations vécues (le train qui attend, par exemple).
- Respirer plutôt que courir — reprendre l’espace, respirer dans le ventre, ne rend pas plus lent mais rend le temps plus agréable et plus efficace.
Pour aller plus loin
Cette attention à l’espace intérieur et à son effet sur notre rapport au temps est une porte d’entrée typique de la psychologie biodynamique, qui travaille le corps comme lieu d’ancrage et de régulation.