Le caractère oral

Dans cette vidéo, François Lewin présente le caractère oral : celui qui attend que l’autre devine ses besoins, sans jamais les demander. Une blessure née dans la petite enfance, quand la mère aurait dû savoir pour nous, et que l’on peut apaiser en nourrissant son enfant intérieur.

Le caractère oral expliqué par François Lewin

« Bonjour… J’espère que je ne vous dérange pas. Mais si je peux vous aider… Moi, je n’ai besoin de rien. Mais quand même, si je peux vous aider… »

« Non, ça va pour moi. Mais pourquoi il ne m’a pas dit salut ? Il devrait savoir que j’en ai besoin. C’est à lui, ou c’est à elle, de faire le premier pas. — Tu lui as demandé ? — Non, mais il doit le savoir. Si tu m’aimais, tu saurais que j’ai besoin de ça. Tu vois bien, tu ne m’aimes pas. »

Alors, tout ce caractère : ce sourire et ces yeux avides. Cette sensation que personne ne me donne jamais ce dont j’ai besoin… mais je ne le demande jamais. Je ne demande pas l’heure, mais on doit savoir que j’en ai besoin.

Si vous vous reconnaissez dans ce caractère oral, ça veut dire que, petit, entre six mois et deux ans — et même entre la naissance et deux ans —, la mère devait savoir pour moi. La mère a un instinct qui la réveille quelques minutes avant que l’enfant ait faim. Elle peut être à trois kilomètres, elle se dit : « Il faut que j’y aille, il pleure », et ses seins se mettent à couler.

Si je n’ai pas eu ça, il a fallu que je demande pour mon besoin à une époque où l’on aurait dû savoir pour moi. Alors demander est une souffrance terrible. Comme si c’était mon anniversaire demain et que je disais : « Vous pensez à me faire un cadeau ? » Ah non, je préfère ne pas demander… mais je vais pleurer si l’on ne me fait rien.

Alors, le caractère oral, c’est comme si tous les jours étaient mon anniversaire. Même pour « passe-moi le sel », c’est mon anniversaire : l’autre doit savoir que j’ai besoin du sel. Mais moi, je ne suis pas dans son goût. Si l’autre trouve que ce n’est pas assez salé, je ne peux pas savoir qu’il a besoin de sel. « Pourquoi il ne me l’a pas demandé ? Parce que j’aurais dû savoir ? » Non.

Les autres ne peuvent pas connaître votre besoin. Pour un enfant, pour un bébé, oui. Entre adultes, on se respecte.

Alors, si vous êtes dans ce caractère oral, câlinez votre enfant intérieur, offrez-lui de temps en temps des cadeaux. Quand vous mangez quelque chose qui vous plaît, dites-lui : « Tiens, c’est aussi pour toi. » Je mange une glace qui me plaît, je dis au petit François de deux ans : « Tu goûtes ? C’est bon, je t’en donne. »

Nourrissez votre enfant, pour pouvoir être satisfait de la magie et de l’abondance de votre vivant et de la vie qui vous entoure.

François Lewin

Les points clés

  • Attendre que l’autre devine — le caractère oral a le sentiment que personne ne lui donne ce dont il a besoin, mais il ne le demande jamais : « Il devrait savoir. »
  • Une blessure de la petite enfance — entre la naissance et deux ans, la mère « devait savoir » : elle se réveille avant que l’enfant ait faim. Quand cet accordage a manqué, l’enfant a dû demander trop tôt.
  • Demander devient une souffrance — comme s’il fallait réclamer son propre cadeau d’anniversaire. Alors on ne demande pas… et on souffre de ne pas recevoir.
  • Nourrir son enfant intérieur — les autres ne peuvent pas deviner nos besoins d’adulte. Offrir soi-même des cadeaux à l’enfant intérieur permet de goûter l’abondance de la vie.

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