La maladie, une alliée non désirée ?

La santé est un bien précieux souhaité par tous. La maladie inconfortable, source de peine et de douleur, percute notre routine et nous demande de modifier notre organisation. Pourtant derrière ces aspects dérangeants et désagréables, nous avons tendance à négliger son utilité, ses fonctions et ses messages. La maladie peut être là, entre autre, pour nous éviter de trop souffrir psychiquement, et pour nous appeler à mieux écouter notre âme. C’est une alliée encombrante, non désirée, mais qui peut être correctrice et initiatique. Le corps peut soulager la souffrance psychique Face à une perte trop grave, un conflit insoluble, une souffrance récurrente, le corps inhibe les perceptions liées à ces situations pour soulager l’Etre. Le conflit passe alors du niveau psychologique au niveau physiologique. Ce processus va atteindre une fonction corporelle : le système digestif, le rythme cardiaque, la vision… qui va se retrouver perturbée dans son fonctionnement et pourra engendrer une somatisation. Les symptômes physiologiques ou les maladies qui apparaîtront seront le résultat de cet effort du corps pour réduire et résoudre la souffrance psychique. Au cours de notre pratique thérapeutique, cette émergence du sens est fréquente. Pour illustrer ceci, voici deux exemples. Un adulte, lors d’une séance de Végétothérapie (technique d’amplification des signaux corporels et émotionnels) retrouve les sensations initiales qui ont amenées la surdité de son oreille droite. Il lui vient à la mémoire cette période où enfant, sa famille était plongée dans un conflit qui générait beaucoup de cris quotidiens. Il prend conscience alors que cette surdité lui permettait de dormir l’oreille saine sur l’oreiller avec l’autre devenue sourde pour ne pas entendre les cris. Un autre cas, une petite fille de 11 ans avait une à deux fois par jour, de soudaines absences. Deux ans plus tôt, elle avait eu une méningite. Il apparaît que le couple parental est constamment en menace de séparation. Notre analyse était que cette situation d’incertitude insupportable pour l’enfant, a tout d’abord créé l’inflammation des méninges par sur-activation du cerveau en quête de solution. Son corps a ensuite trouvé la solution de décrocher de la situation en s’absentant. Le travail a été de mettre en conscience la souffrance face à cette insécurité, et de trouver d’autres issues de secours. A la question « Est-ce qu’il y a un moment où tu es très heureuse en famille ? », la réponse immédiate a été « En vacances en Savoie ». Trois alternatives aux absences ont alors été expérimentées avec l’enfant : penser à la Savoie en respirant les yeux fermés pour ressentir le plaisir de ses vacances, s’isoler pour laisser sortir sa rage en frappant un coussin de toute sa force, ou encore exprimer aux parents « J’ai mal quand vous vous disputez ». A la séance de contrôle cet enfant n’avait quasiment plus d’absences. A la question « Qu’as-tu utilisé? », elle répondit « Les vacances en Savoie ». La maladie nous indique la nécessité d’un changement La maladie se manifeste sur notre chemin d’évolution pour nous aider à adopter de nouveaux fonctionnements, quelquefois en opposition avec nos attitudes habituelles. Nous recevons des patients très actifs qui perdent leur capacité à se dépenser (fatigue, jambe cassée, maladie…). Cet empêchement les invite alors à découvrir un espace plus intériorisé et à apprendre à mieux écouter leurs limites et leur besoin réels. Une dépression qui rend toutes choses sans goût peut laisser la place à une contemplation profonde et un re-alignement sur de nouvelles valeurs. Si l’on regarde la maladie dans ce qu’elle nous invite à, ou nous empêche de faire, elle est alors un aiguillon pour se transformer. Quand quelque chose de nouveau apparaît dans nos fonctionnements, cela peut paraître étrange. C’est souvent vécu comme une anomalie. Ce changement impose un lâcher prise des vieilles habitudes et l’acceptation des nouvelles données. Sachant limiter nos excès, ou au contraire, nous forcer à explorer une réalité par delà nos limitations et notre caractère, la maladie permet souvent de franchir des étapes importantes pour notre évolution. Elle est à la fois un garde-fou et un guide. La Psychologie Biodynamique, à l’écoute de l’âme dans le corps L’émergence du sens des symptômes est une porte pour guérir les marques des souffrances, oubliées et gravées dans le corps et pour retrouver le mystère intérieur qui cherche à éclore. La psychologie Biodynamique par son regard intégratif et sa compréhension des liens psyché-soma, cherchera à entendre dans les « maux » un appel de l’Etre et un potentiel pour une transformation. Le thérapeute biodynamique est formé à percevoir l’émotion contenue dans les tissus. Tel une sage femme, il accueille l’émergence des matériaux enfouis, pour permettre au noyau sain de s’épanouir. Les outils tel que les Massages Biodynamiques, la Végétothérapie, les Rêves Eveillés, les mobilisations corporelles, accompagnés de la compréhension Biodynamique des processus du vivant, permettront la clôture de cycles émotionnels restés en suspens et l’apparition d’une profondeur parfois insoupçonnée. Le symptôme, d’obstacle encombrant, se transforme en indicateur aidant et stimulant, jusqu’à sa disparition complète s’il n’a plus lieu d’être.