La culpabilité

Dans cette vidéo, François Lewin propose une clé pour comprendre la culpabilité : derrière chaque « si j’avais fait autrement » se cache le deuil d’un idéal que nous n’avons pas encore fait. Le monde réel ne colle jamais à notre idéal, et c’est en l’acceptant que l’on peut se libérer.

La culpabilité expliquée par François Lewin

Combien de fois s’est-on dit : « Si j’avais fait mieux, ça aurait été comme ça. J’aurais dû être différent. J’ai mal fait, je n’ai pas été au bon endroit, je n’ai pas fait ce qu’il fallait. Si j’avais fait ça, il n’aurait pas été malade, ça aurait été plus facile. »

Vous pouvez croire cela, mais ça veut dire que vous pensez qu’un monde qui n’a pas existé aurait pu exister et se dérouler.

Alors, la clé de la culpabilité, c’est que chaque fois que je me sens coupable, il y a le deuil d’un idéal que je n’ai pas fait.

Si je me sens coupable de ce que mon couple n’ait pas survécu, c’est que j’imagine qu’il y avait un couple idéal, qui n’était pas le couple réel, qui aurait pu exister, et que c’est moi qui suis responsable de la chute de cet idéal par terre.

Mais ça ne marche pas comme ça. On n’habite pas chez Walt Disney.

Donc, chaque fois que vous ressentez de la culpabilité, demandez-vous : quel deuil est-ce que je ne fais pas ?

Par exemple, un ami s’est suicidé. Ça m’est arrivé. Je me disais : « J’aurais dû venir le voir. » Et là, son frère me dit : « J’étais là avec lui. On a parlé de tout. Je suis parti à 15 heures ; à 17 heures, il s’est suicidé. » Ma culpabilité a pris le même coup de fusil que celui qu’il s’était donné.

Le monde existe tel qu’il est. Faites au mieux. Ne croyez pas que vous soyez les maîtres du destin.

Chaque fois qu’il y a de la culpabilité, posez-vous la question : quel deuil d’un idéal n’ai-je pas fait ?

Et enfin, il ne s’agit pas de ne pas avoir d’idéal, mais de savoir que le monde réel ne colle pas à mon idéal.

Bonne route, bon travail pour vous libérer de cette faute qui dit : « Si j’avais été autrement, le monde aurait été merveilleux. » Non, le monde est merveilleux. Vivez-le merveilleusement.

François Lewin

Les points clés

  • La culpabilité imagine un monde qui n’a pas existé — « si j’avais fait autrement… » suppose qu’un autre déroulement était possible et qu’il dépendait de nous seuls.
  • Derrière la culpabilité, un deuil non fait — se sentir coupable, c’est rester attaché à un idéal (un couple idéal, une relation idéale) et se croire responsable de sa chute.
  • Nous ne sommes pas les maîtres du destin — le monde existe tel qu’il est. Faire au mieux, oui ; tout contrôler, non. On n’habite pas chez Walt Disney.
  • Garder un idéal sans s’y enfermer — la question à se poser : « Quel deuil d’un idéal n’ai-je pas fait ? » L’idéal reste précieux, à condition d’accepter que le réel n’y colle pas.

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