Egoîsme et partage
Dans cette courte vidéo, François Lewin pointe une confusion fréquente en thérapie : croire que la joie, l’espace ou le plaisir d’être se partagent comme une part de gâteau — alors qu’ils fonctionnent à l’inverse du matériel.
Transcription
Égoïsme et partage.
Depuis tout petit, on nous dit : ne sois pas égoïste. Mais je vois, en psychothérapie, combien de personnes n’osent pas prendre leur espace ou vivre leur joie, de peur d’être indécentes, égoïstes.
Or il y a une confusion. Le partage, pour le matériel, fonctionne d’une certaine manière : si je veux que tout le monde en ait, je dois limiter ma part. Il y a une tarte en deux parts — si j’en prends une, il n’en reste qu’une ; si j’en prends deux, il n’en reste rien pour les autres.
Mais dans l’immatériel, c’est l’inverse. Si je vis ma joie, ça la multiplie. Si je prends mon espace, ça le donne à chacun.
Quand quelqu’un vient chez vous et n’ose pas bouger, c’est fatigant. Alors que s’il est à l’aise, ça vous met à l’aise, vous aussi.
Dans l’immatériel, plus vous vivez, plus vous prenez pour vous, plus c’est généreux pour l’autre. Plus je vis ma liberté, plus l’autre est libre. Plus je vis ma joie, plus l’autre peut la sentir. Plus je vis mon plaisir d’être, plus ça rayonne.
Soyez égoïste dans l’immatériel et le spirituel, partagez de manière généreuse dans le matériel. Ne confondez pas les deux mouvements.
Régalez-vous de l’immatériel au maximum : c’est le plus beau cadeau que vous puissiez faire aux autres.
François Lewin
Les points clés
- Deux logiques opposées — le matériel se partage en le divisant, l’immatériel (joie, espace, plaisir d’être) se partage en le vivant pleinement.
- Prendre sa place libère l’autre — quelqu’un mal à l’aise chez vous vous rend mal à l’aise ; quelqu’un à l’aise vous met à l’aise, lui aussi.
- Vivre sa joie la multiplie — plus on habite pleinement son plaisir, sa liberté, sa joie, plus cela devient perceptible et accessible à l’autre.
- La confusion appauvrit les deux mouvements — se retenir par peur d’être égoïste dans l’immatériel prive à la fois soi-même et l’entourage.
Pour aller plus loin
Cette distinction entre bonheur recherché et vivant pleinement habité prolonge une réflexion déjà engagée sur le site : L’éloge du vivant.