Les répétitions
Dans cette courte vidéo, François Lewin s’intéresse à ces répétitions qui ressemblent à des malédictions : le même schéma qui revient dans le travail, dans les relations amoureuses, malgré tous les efforts pour l’éviter. D’où viennent-elles, et pourquoi la vie semble-t-elle insister ?
Transcription
Ça vous est peut-être arrivé d’avoir une répétition comme une malédiction — où chaque fois que vous faites un travail, ou que vous entrez dans une relation amoureuse, une sorte de destin mimétique s’impose à vous.
Dans votre travail, on vous vole chaque fois le résultat de ce que vous avez fait. Ou au contraire, vous êtes le seul sur qui on fait tout porter. Dans les couples, ça se finit toujours de la même manière — « c’est le cinquième couple que je fais et toujours ça se termine pareil ».
Comment se fait-il que les malédictions reviennent ? Comment se fait-il que, malgré mes efforts, malgré toutes les tentatives que je fais pour éviter absolument ceci, ça se reproduise ?
Ce qu’on voit en thérapie, c’est que souvent il y a une blessure fondamentale de l’être — du tout petit, parce que plus c’est petit, plus c’est fondamental. Dans le ventre, ce qui se passe, c’est l’univers. Quand on est né, ce qui se passe avec maman, c’est la grande déesse, c’est la terre.
Plus on grandit, plus les choses peuvent être locales. Quand on est adulte et qu’on a mal au pied, on a mal au pied. Un enfant, quand il a mal au pied, il a mal partout — il est en désastre global. Et quand quelque chose va bien, il est en extase globale. Il est comme une huître que vous piquez à un endroit : elle se rétracte de partout. Il n’est pas local.
Et donc, quand quelque chose s’est passé — dans le transgénérationnel, c’est-à-dire déjà présent à ma conception, ou bien dans mon vécu, dans ma gestation ou dans les quatre premières années — quelque chose de conflictuel, de difficile, la vie va vous reproposer la même situation, en disant : voilà, les conditions sont réunies pour que tu le guérisses.
Donc si ça s’est mal passé dans la première histoire d’amour, qui s’appelle maman, alors le couple est un lieu pour réparer cette histoire. Il peut confirmer « tu vois, ça se passe mal », ou au contraire l’infirmer et dire « ah ça y est, j’ai enfin cet amour que je cherchais petit ».
Mais c’est beaucoup plus facile d’avoir ça petit — c’est comme apprendre une langue. On apprend une langue à 3 ans en quelques mois ; à 40 ans, c’est plus compliqué. Mais ce qui s’est mal passé reste réparable, même si ça demande plus d’efforts. Alors la vie vous le repropose.
Donc ce genre de malédiction, vous pouvez dire merci à la vie, mais allez chercher : quelle en est la racine ?
Si vous réparez l’enfant, la malédiction disparaît — c’est notre expérience de thérapeute. Quand le petit à l’intérieur de moi se sent enfin reconnu, réparé, quand cette misère est enfin acceptée et réparée, alors la malédiction n’a plus lieu d’être, et tout à coup l’univers change avec moi. Merci.
François Lewin
Les points clés
Pour aller plus loin
Ce travail sur les blessures précoces et leur empreinte durable est au cœur de la psychologie biodynamique, qui explore comment le corps garde la mémoire de ce qui s’est joué dès les tout premiers temps de la vie.