Le réflexe de sursaut

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Dans cette courte vidéo, François Lewin explique ce qui se passe dans notre corps lorsqu’un stimulus inattendu — une porte qui claque, une voiture qui klaxonne — déclenche le réflexe de sursaut. Et surtout, ce qui se passe quand ce réflexe ne se digère pas.

Le réflexe de sursaut expliqué par François Lewin

Aujourd’hui, je vais vous parler du réflexe de sursaut.

Naturellement, on devrait être dans la sérotonine, une hormone de bien-être et les choses sont tranquilles, les choses sont sans stress et sans surprise. Pour autant, on a tout un système de survie.

Par exemple, si une porte claque, qu’est-ce qui s’est passé ? Contraction, restriction du système articulaire, fléchissement, inspiration. Les yeux se dilatent pour mieux voir, les artères se serrent, le ventre, la digestion s’arrête.

Et puis si je suis dans la rue tranquillement, une voiture klaxonne, je saute. Et quand j’ai sauté, c’est pas fini. Ça continue : le cœur bat plus vite, j’ai des sueurs froides, je tremble. Et quand est-ce que ça va se calmer ? Il faut du temps et surtout, il faudra que je sois en sécurité.

Tant que je suis dans la rue, le moindre bruit me fait resauter. Et quand enfin j’arrive à un endroit tranquille — la terrasse d’un café, loin de la route — je peux me relâcher. Mais plus que ça : je peux m’abandonner.

La différence entre le relâchement et l’abandon : quand je conduis la nuit sur autoroute et qu’il n’y a personne, je suis relâché, mais je ne peux pas m’abandonner. Et quand je m’abandonne, alors le corps va digérer le choc.

Vous savez, « je n’ai pas digéré ce qu’il m’a dit » — il reste une pression. Je peux avoir exprimé l’émotion, mais tant que je ne l’ai pas digérée, ce n’est pas fini. Et quelquefois, 10 ans après, j’ai toujours pas digéré ce qui m’a dit, il y a toujours cette rancœur.

Alors quand je peux digérer, je retourne à mon tonus ordinaire, ma respiration habituelle et ma posture.

Le problème est quand les réflexes de sursaut se cumulent. Une mauvaise journée, je rentre chez moi, une facture inattendue, mon enfant qui tombe mal — et à aucun moment je peux digérer.

Si on prend du niveau de l’enfance : si ma mère était angoissée, à quel moment je peux m’abandonner ? Jamais. Alors je suis les muscles fléchisseurs un peu contractés, la respiration un peu courte, le corps un peu serré. Et je dis que je suis détendu — mais non, je ne suis pas détendu. Je n’ai pas appris à reprendre l’espace.

Alors le soir, quand vous vous couchez, essayez de sentir si ça recircule, si ça digère. Et si ça ne digère pas, posez les mains sur l’appendice — le côté droit, entre le nombril et la crête iliaque. Dites : « Tu peux lâcher, je m’occupe de tout. »

Et là, si votre système n’est pas trop bloqué depuis trop longtemps, vous allez entendre que ça va digérer toutes les charges de la journée — et peut-être plus anciennes.

Que vous puissiez digérer les chocs afin de retrouver toute la liberté et le potentiel que la vie vous a promis.

François Lewin

Les points clés

  • Le réflexe de sursaut est automatique — face à un stimulus inattendu, le corps se contracte, la respiration se bloque, la digestion s’arrête. C’est un mécanisme de survie.
  • La digestion émotionnelle nécessite la sécurité — tant qu’on n’est pas dans un espace sûr, le corps ne peut pas « digérer » le choc. Le relâchement ne suffit pas : il faut l’abandon.
  • Les réflexes non digérés s’accumulent — un choc non digéré laisse une trace. Dix ans plus tard, la rancœur peut encore être présente. L’accumulation depuis l’enfance crée des tensions chroniques.
  • Le psycho-péristaltisme comme outil — poser les mains sur l’appendice et inviter le corps à lâcher active le processus de digestion des charges émotionnelles.

Pour aller plus loin

Ce travail sur la digestion des chocs émotionnels est au cœur de la psychologie biodynamique.
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