Le perfectionnisme
Dans cette courte vidéo, François Lewin parle du perfectionnisme, non comme une qualité mais comme une prison. Il prend sa source vers quatre ans, quand l’enfant découvre que les choses « doivent être comme ça ». Pour s’en libérer, il propose de rassurer l’enfant intérieur et d’apprendre à danser entre la forme et le mouvement.
Le perfectionnisme expliqué par François Lewin
Je vais vous parler du perfectionnisme, non pas comme une qualité — parce que ça, c’est magnifique — mais comme une prison. Quelquefois, on se sent bloqué parce que ce n’est pas exactement parfait, pas exactement comme il faut : ce qu’on a fait, ce qu’a fait un artisan, ce qu’on a cuisiné, quelles que soient les choses.
Quand vous regardez un petit enfant, il y a un âge du « Non, maman, pas comme ça, c’est comme ça ! Mamie a dit… » Il faut que les choses soient parfaites. Voyez, c’est un moment où il commence à sortir de son instinct et à s’installer dans le monde, pour avoir une vision objective : « C’est comme ça qu’on le fait. » Pas comme je veux, ni comme maman le fait spontanément, mais comme ça doit être.
Si, à ce moment-là, ça s’est mal passé, on peut avoir deux fonctionnements : ou bien trop perfectionniste, ou au contraire je-m’en-foutiste : « C’est pas grave, c’est pas mon espace. »
Alors, c’est une période vers quatre ans : comment ça s’est passé ?
Si vous êtes trop perfectionniste, parlez à votre enfant de quatre ans. Dites-lui : « Tout va bien. Regarde qui tu es devenu aujourd’hui : tu as traversé l’épreuve. » Prenez soin de lui. Expliquez-lui que bien sûr, c’est bien, la perfection, mais que le brouillard, le flou et le déséquilibre sont aussi source du nouveau et de la création du vivant.
Quand une graine est parfaite, le germe vient, et il va détruire cette perfection. Mais si elle n’est pas parfaite avant de germer, ce n’est pas nécessairement une bonne graine.
Donc il y a l’époque de la perfection et l’époque du dérangement. Sachez danser de l’une à l’autre : du père à la mère, du flou à la sécurité, de la forme au mouvement. Bonne suite.
François Lewin
Les points clés
- Quand la perfection devient une prison — rechercher la perfection est une qualité, mais elle peut bloquer : rien n’est jamais « exactement comme il faut ».
- Une étape vers quatre ans — l’enfant sort de son instinct et découvre qu’il y a une façon dont les choses « doivent être », ni comme il veut, ni comme maman le fait spontanément.
- Deux issues possibles — si cette étape s’est mal passée, on peut devenir trop perfectionniste, ou au contraire je-m’en-foutiste.
- Danser entre forme et mouvement — rassurer l’enfant de quatre ans en soi, et accepter que le flou et le déséquilibre sont aussi source de création, comme le germe qui brise la graine parfaite.
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