Rubis reste attachée au sein maternel

Chaque mois, retrouvez ici un cas pratique illustrant le fonctionnement et la richesse de  la Psychologie Biodynamique.

Dans un groupe de thérapie, une jeune femme, Rubis, se présente en disant qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle est là, car elle a pensé que c’était bien de venir. À la demande du thérapeute d’en dire plus, Rubis reste le regard dans le vide, comme cherchant ses idées, et ne pouvant que dire qu’elle ne sait pas. Elle a un visage rond, doux, avec des plaques rouges trahissant un embarras. Elle est assise le dos arrondi, avec un regard de «chien battu». Lors d’un premier travail corporel proposé dans le groupe, elle découvre combien elle cherche encore le contact du bébé avec sa mère. Ce contact a été rompu lorsqu’elle avait 3 semaines, car sa mère a pris à ce moment-là des médicaments nécessitant l’arrêt de l’allaitement.

Lors d’un massage qui a pour consigne de contacter les muscles des jambes, ceux-ci apparaissent sous les doigts comme délités, sans forme cohérente. Chaque fibre est dure et séparée des autres. Le thérapeute cherche à redonner une forme aux mollets et aux quadriceps dans les cuisses, puis demande à Rubis comment elle se sent. Rubis partage alors qu’elle a peur de l’énergie qui monte en elle, car elle ne sait pas quoi en faire. Elle sent que cette montée est si forte qu’elle risque de tout détruire.

On voit combien Rubis a tout fait pour saboter sa force d’indépendance. Restée attachée au manque du lait de sa mère, elle n’imagine pas avoir le moindre désir ou envie, car cela l’éloignerait de sa mère. Tout l’héritage paternel de la force d’indépendance n’a pu être accepté, à cause de cette fixation. Il est évident que de rester figé, sans élan ni projet, dans la posture du bébé en attente du lait maternel alors qu’on a plus de 20 ans est un fantasme décalé et absurde. Mais souvent, les manques du passé viennent s’imposer sur la réalité adulte indépendamment de toute rationalité.

Les différentes solutions proposées par la psychologie biodynamique sont de réparer en régression le contact du bébé avec sa mère, et de restructurer l’anatomie émotionnelle et la circulation de l’énergie dans le corps pour nettoyer les manques inscrits dans les mémoires corporelles. Redonner au corps les structures en rapport avec la fonction paternelle rendra à Rubis son pouvoir de décision et d’individualité.

 

Extrait du livre « La psychologie biodynamique. Une thérapie qui donne la parole à son corps ». Par François Lewin et Miriam Gablier.  Le courrier du livre.