Michel a une bronchite, Angeline une angine

Chaque mois, retrouvez ici un cas pratique illustrant le fonctionnement et la richesse de  la Psychologie Biodynamique.

Pour comprendre les maladies, le langage populaire, souvent dénigré, est pourtant le représentant de siècles d’observation. Alors que les découvertes médicales invalident chaque décennie les théories passées, la sagesse des expressions populaires reste inchangée. Il est facile de s’appuyer sur elles pour chercher la correspondance symbolique des organes ou des fonctions touchés, ou en quoi le symptôme soulage la psyché.

Michel a une bronchite

Michel a une forte bronchite. Ses poumons ne peuvent prendre l’air dont il a besoin. Il s’étouffe et tousse. Il pourrait par exemple dire : « J’étouffe » ou aussi « J’ai pris un coup dans la poitrine ». Ce sont deux situations émotionnelles différentes, mais le trop-plein de pression émotionnelle va créer une surcharge dans le système respiratoire. On voit quand un enfant a de trop forts sanglots combien il lui devient difficile de reprendre sa respiration. Les poumons sont les régulateurs de l’émotion à travers la respiration.

Trop d’émotions réveillées sans capacité de conscience ou d’expression peuvent créer la bronchite. En thérapie, il découvre que c’est l’action incorrecte de son père pour ses enfants qui lui a créé une émotion ingérable qui s’est traduite par cette somatisation.

Angelina a une angine

Dans ce cas-là, c’est le canal d’expression de la voix, qui est touché. « Elle a les boules, ça la gonfle », exprime cette surcharge à la gorge. C’est l’incapacité d’exprimer son conflit, de partager une émotion trop forte qui va créer l’angine. Et si cette situation est chronique, le corps peut à la longue créer des nodules à la gorge qui sont une manière de capter énormément d’énergie dans un petit volume. Créer de la matière enkyste l’énergie, diminuant la pression.

Barbara a une sinusite

Barbara retrouve dans une séance sa détresse d’enfant esseulée, puis la réparation avec la douceur du contact avec sa mère. Elle pleure à chaudes larmes cette tristesse oubliée. À la suite de cette séance, elle a une forte sinusite rebelle aux antibiotiques. Ce sont les vieux pleurs qui s’éliminent sous forme de mucus douloureux. Le traitement psychopéristaltique, et l’expression des pleurs à la séance suivante auront raison de cette inflammation.

Rémi a des boutons

Une mère amène en séance son fils Rémi, âgé de 8 ans, car il a, depuis l’âge de 6 mois, des petits boutons, qui sont maintenant cicatrisés, mais qui ne disparaissent pas. Le thérapeute touche la peau de Rémi, qui rougit immédiatement. Le conflit semble toujours actif. Le thérapeute envoie Rémi jouer dehors et demande alors à la mère de lui masser le bras. Son contact est rude, rêche. Le thérapeute lui masse alors le bras pour lui montrer comment toucher plus sensiblement, tendrement. La mère essaye et, guidée par le thérapeute, réussit à créer un contact doux et bienveillant sur le bras du thérapeute. À cet instant, des sanglots la submergent. Elle dit en pleurant qu’elle ne connaît pas ce contact, elle ne l’a jamais eu. Ainsi, par son symptôme, Rémi exprimait sa souffrance en appelant à un contact différent, un toucher « qui ne lui donne pas des boutons ».

 

Gaspard a le diabète

Gaspard travaille énormément. Responsable syndical, avec une forte implication sociale et culturelle, il est un homme actif, souvent sur les routes. Il est marié et a quatre enfants. Son père est mort quand il avait 7 ans. Il a alors tenté de prendre en charge le rôle de l’homme de la famille, travaillant très tôt pour soulager sa mère et permettre à ses sœurs de faire des études. Sa femme, qui travaille aussi, doit, pour des raisons professionnelles, s’absenter fréquemment sur des durées importantes. Gaspard ressent que sa vie est privée de ses espaces de douceur. Il travaille déjà énormément, depuis l’enfance, mais quand il revient au foyer, il ressent cruellement l’absence de sa femme. Il se découvre à cette période un début de diabète. Qu’est-ce que le diabète ? C’est une incapacité à fixer le sucre. Son corps n’arrive plus à fixer la douceur dans les muscles.

Bruno perd conscience

Bruno a 11 ans quand il est amené par sa mère en consultation pour un symptôme mystérieux. Cela fait deux ans que, après une méningite, il a des absences une à deux fois par jour. Soudain, il ne sait plus où il est. Par exemple, en allant vers la voiture le matin pour aller à l’école, il s’arrête brusquement car il perd le contact avec la réalité immédiate. Les scanners n’ont rien montré. En interrogeant Bruno, le thérapeute apprend que sa mère répète depuis plusieurs années qu’elle va peut-être quitter son mari. Cette situation, pour un enfant, est terrible. L’incertitude est pire que la séparation. Pour se construire, il a besoin de sécurité de sa base affective. La première réaction à cette difficulté a été la méningite, qui est l’inflammation des méninges, sièges de la réflexion, car Bruno les a trop utilisés sans trouver de solution à cette menace constante. Le symptôme suivant a été de disjoncter, comme quand un moteur électrique s’échauffe. La conscience de Bruno se coupait quand ça chauffait trop.

Ces exemples cliniques montrent comment on peut comprendre les liens entre des troubles physiques et des situations rencontrées en thérapie ou dans la vie. Il est possible d’en citer beaucoup d’autres. Encore une fois, l’exposé de ces liens ne veut pas donner les «causes», mais exposer la résonance des facteurs affectifs avec les symptômes physiques. La maladie est une dynamique qui signale un inconscient actif.

 

Extrait du livre « La psychologie biodynamique. Une thérapie qui donne la parole à son corps ». Par François Lewin et Miriam Gablier.  Le courrier du livre.