Béatrice et le hold-up

Chaque mois, retrouvez ici un cas pratique illustrant le fonctionnement et la richesse de  la Psychologie Biodynamique.
Béatrice, qui se trouvait dans une banque lors d’un hold-up, vient consulter, car après cet événement, elle n’ose plus sortir dans la rue. Les attaquants étaient des débutants très nerveux, très agressifs. Il était clair que leur manque de maîtrise augmentait la possibilité d’une perte de contrôle de leurs armes à feu…..
Voyant son état de stress, le thérapeute travaille en massage pour remettre en route les différents systèmes de régulation du corps. Il cherche notamment à ouvrir le psychopéristaltisme pour l’aider à digérer le grand choc qu’elle vient de subir.
Tout à coup, durant le massage, alors que le thérapeute travaille sur les jambes figées de sa patiente, elle se remémore l’image de son père alcoolique et imprévisible lorsqu’il revenait saoul à la maison.
Elle sent combien cela l’a sidérée, comme dans la banque.
Dans les deux cas, la menace était terrible et les réactions de son père ivre, comme celle des bandits nerveux imprévisibles.
Du fait qu’elle est saisie d’une émotion forte, le thérapeute lui propose de parler à son père comme s’il était là. Elle lui exprime sa douleur de petite fille : « Tu ne peux pas rentrer comme ça à la maison » et pleure beaucoup. Le thérapeute la soutient et lui demande : « Qu’est-ce qu’il répond à ça ?  » Elle voit son père désolé qui s’excuse et cela ouvre en elle une sensation nouvelle, qu’elle a d’abord du mal à identifier. Le stéthoscope, utilisé par le thérapeute pour écouter les bruits du psychopéristaltisme, signale qu’une digestion est en cours. Le thérapeute l’invite à sentir ce qui se passe dans son corps : « Ca respire mieux dans la poitrine », « Ca rouvre mon coeur », précise-t-elle. A la fin du massage, elle se relève et dit : « Ca va aller maintenant, c’est terminé ».
On peut voir que cette réparation s’est produite aux niveaux conceptuel, émotionnel et corporel. Ni le thérapeute, ni la patiente ne savaient le lien entre la violence mal contrôlée des gangsters et le comportement insécurisant et imprévisible du père. Mais en dénouant le corps, le lien est apparu. La peur a pu être évacuée, l’agression de la banque remise à sa place comme un  événement exceptionnel qui a été régulé. Et le coeur de Béatrice a pu se rouvrir son  pour son père, qu’elle a vu désolé d’agir comme il l’a fait.
Extrait du livre « La psychologie biodynamique. Une thérapie qui donne la parole à son corps ». Par François Lewin et Miriam Gablier.  Le courrier du livre.